Christelle Célèrier | Gavroche Magazine | 25/05/2018
Culture / Actu  

DANSE | Swing me baby ! Bangkok s'enflamme pour la danse de salon

Salsa, tango, rock’n roll, valse, swing, pas chassés, clubs, écoles de danse, soirées, flash mobs, festivals... Si la capitale thaïlandaise n’est peut-être pas la capitale asiatique de la danse en comparaison avec Séoul ou Tokyo, elle possède une vibrante communauté de danseurs. Immersion.

« On voyage en Thaïlande pour les plages, mais aussi pour la danse », glisse Donatella, entre deux pas de charleston, jeune touriste romaine arrivée le matin à Bangkok et propulsée le soir même sur la piste de danse du « Hop », le studio de swing de Silom. « Moi, j’ai pris ma retraite ici à Bangkok pour pouvoir danser trois fois par semaine », lance Rebecca, sa voisine américaine, dans un mouvement de hanches qui soulève sa jupe années 30.

La capitale thaïlandaise voit depuis quelques années défiler les plus grands danseurs du monde dans leur catégorie, invités, à travers des ateliers, festivals ou spectacles, à répondre à une demande croissante. Choc des cultures, du toucher et du non-toucher, ivresse, addiction même, la danse est ici, peut-être encore plus qu’ailleurs, un lien social réunissant tous les âges, les cultures et les nationalités, et où la communauté française tient sa place.

Sur Silom, au sortir des vapeurs d’encens des échoppes indiennes et des vocalises des Haré Krishna, la porte du studio de danse The Hop s’ouvre sur une salle tout en bois où rebondissent les rires d’une jeunesse thaïlandaise habillée rétro, comme sur les photos du feu sa majesté le roi Rama IX lors de sa jeunesse européenne. 

Un petit café-comptoir où sont disposées tables et chaises permettent aux danseurs de se chausser. Il en va ainsi chaque mardi et samedi, avec un cours d’initiation gratuit à 20 heures. Près du guichet d’entrée, une charmante petite boutique propose des vêtements, accessoires et chaussures vintage, la tenue du parfait swingueur. Le public afflue, il est jeune et majoritairement thaïlandais, et tout le monde s’exprime dans un anglais parfait. 

Des danseurs, concentrés, suivent les pas de la professeure.(Photo : Aniko Palanky/Gavroche magazine)

Ionel, un jeune roumain au physique avantageux d’un acteur d’Hollywood des années 50, ajuste ses bretelles tout en expliquant le choix du line-up (swing dynamique) comme pratique de danse « pas trop sexy comme la salsa, tout en restant très dynamique et physique »

W., 26 ans, travaille lui à la bourse de Bangkok. Il a commencé le swing depuis seulement quelques mois et apprécie particulièrement l’ambiance de ce club « où les gens sont très cultivés et de classe sociale élevée mais gardent un esprit très ouvert et chaleureux ». Un état d’esprit que l’on retrouve aussi ailleurs. Il est 15 heures et le Shangri-La s’éveille. Dans le hall d’entrée de ce grand hôtel, un orchestre ouvre le bal sur une valse de Vienne.

Le Chao Phraya, dont les remous viennent caresser la terrasse de l’établissement, sort de sa torpeur dominicale. Glissant sur la piste de danse comme sur un lac gelé, de grands et beaux jeunes hommes thaïlandais sont les cavaliers uniques pour trois heures de dames très très chics, à l’âge vénérable. Parmi elles, Gloria Mahaumrongkul, personnalité en vue de la presse people, ancienne actrice de renom à Hong Kong, dont les tenues vestimentaires uniques et chamarrées ainsi que les périlleuses performances acrobatiques font la célébrité. 

Gloria est rieuse, passionnée de danse et de mode. «J’aime à me retrouver avec mes amies le dimanche ici. Nous dansons, buvons du Champagne, nous faisons la fête. » Ancienne danseuse de ballet, elle a gardé une silhouette de sylphide et beaucoup de souplesse dont elle use et abuse jusqu’à en donner le vertige à ses admirateurs. C’est aux Etats-Unis qu’elle s’est principalement formée et sa danse préférée restera toujours le paso doble.

A 96 ans, Khun Kintpong est le cavalier visiblement le plus âgé. Sa partenaire, beaucoup plus jeune, est son instructrice de danse, mais aussi son infirmière. Entre chaque demi-danse elle lui prend la tension et attend qu’elle redescende pour revenir en piste. «J’ai commencé à danser il y a deux ans, précise-t-il. Les danses latines me passionnent. » 

Khunying Yaowarat Techavej, la propriétaire du Shangri-La, a impulsé il y a dix ans ce thé dansant. Charmante dans sa robe chinoise rouge, elle questionne dans un sourire : « Comment trouvez-vous nos danseuses ? Elles ont toutes plus de 70 ans, vous savez. » Si les danses de salon, emmenées par la fièvre latino, intéressent aujourd’hui toute une jeunesse à la recherche d’autres sensations que la musique électronique, fort est de constater qu’il n’y a pas d’âge pour danser avec les Anges !

Dernier Tango à Bangkok 

Hôtel Rembrandt, samedi 20 heures. Une musique argentine résonne sous les lumières tamisées. Quelques couples lovés entament un tango argentin. Lynn, aux commandes, DJ de strass, propulse le tangerillo et sa tangerilla dans le tango argentin des puristes. 

« J’ai découvert le tango il a un peu plus de dix ans et je suis devenue 'addict' comme tous ici. A cette époque, il n’y avait qu’un instructeur, Andreas, un Allemand, et nous étions que cinq ou six élèves, confie cette sémillante Thaïlandaise à l’âge respectable, femme d’affaires qui a passé une partie de sa vie aux Etats-Unis. On vient seul, on peut être mal à l’aise de ne pas avoir de partenaire attitré. Mais moi, c’est ce qui m’a attirée : le contact avec l’autre ne se fait que dans la danse, on a pas besoin de parler, de faire la conversation après, tout se passe sur la piste. » 

Allure rétro pour ces danseuses de swing à la soirée Diga Diga Doo qui se déroule chaque année au Shanghai Mansion, dans le quartier chinois. (Photo : Aniko Palanky/Gavroche magazine)

Si pour Lynn la culture thaïlandaise « est en ce sens loin du tango, car nous venons d’une culture où l’on ne se touche pas, ou souvent on ne dit même pas bonjour », tout se passe à travers le langage du corps. « C’est sûrement pour cela que nous avons beaucoup d’étrangers au tango. Beaucoup de Japonais, excellents danseurs, très disciplinés qui se perfectionnent sans cesse. Beaucoup de Français aussi, et d’Européens en général. Et finalement peu de Thaïlandais », constate-t-elle.

Lynn a ouvert sa première Milonga sur Sukhumvit en 2010. En 2011, elle part seule en Argentine pour étudier le tango traditionnel et sa culture. Elle en ramène des heures de danse sur la piste et un set de 40 CD de musique de tangos argentins d’époque. Elle reçoit régulièrement dans sa milonga des professionnels argentins de passage qui peuvent donner des cours privés.

La salsa est l’une des danses les plus populaires de Bangkok. Danse festive, elle semble au premier abord facile à maîtriser. Mais Roland Amoussou, alias Dr Salsa, considéré comme une légende vivante par ses pairs, fait tomber toutes les idées reçues en exposant le contexte culturel de cette danse populaire. Français d’origine béninoise, Dr Salsa est avocat, enseigne le droit et surtout se passionne pour les danses, la musique afro-latine et la salsa dont il est le pionnier en Thaïlande depuis 2002. 

« Le Bénin est le berceau de la salsa africaine. Je suis tombé dedans quand j’étais petit, explique-t-il. Je me rappelle toujours avoir dansé et nourri une passion pour cette musique. La culture salsa est souvent méconnue, c’est pourquoi j’ai créé la méthode Salsa Concept » (que l’on trouve sur Facebook ndlr). Dr Salsa a été récompensé de multiples fois pour ses actions de promotion de la culture afro-latine et africaine en Asie. 

Porte-parole de l’histoire de la salsa dans le monde entier, il organise de nombreux festivals. « Des Américains, des gens de partout viennent à Bangkok juste pour un week-end de salsa, mentionne-t-il. Parmi les Asiatiques, ce sont les Vietnamiens qui intègrent le mieux le rythme, mais les Coréens et les Japonais sont aussi de bons danseurs, continue-t-il. S’approprier la culture d’un pays qui n’est pas le nôtre est très difficile. La culture asiatique est à mille lieux de la culture afro-latine. En Thaïlande, ce sont surtout les femmes qui dansent. » 

S'il y a bien un événement régulier de salsa à ne pas manquer, c’est à La Rueda où se réunit depuis 2001 la plus ancienne communauté thaïlandaise de salsa. Ce petit bar dansant sur Sukhumvit, qui fait aussi office d’école de danse, a été créé par une Thaïlandaise, ancienne danseuse de danse de salon qui a épousé Adolfo, musicien cubain talentueux. « Les autres lieux à Bangkok n’ont pas cette authenticité que les connaisseurs et aficionados peuvent espérer. On regrette seulement que le niveau général des DJ de salsa ne soit pas à la hauteur des standards internationaux », estime Dr Salsa. Du danseur du dimanche après-midi au professeur puriste, du dragueur ou de la dragueuse au drogué de la danse, les clubs de danse de Bangkok ne cessent de proliférer en ville, ouvrant ainsi des passerelles entre diverses cultures où se rencontre une même passion, la danse de salon. La kizomba, un tango angolais africain, est d’ailleurs en train d’enflammer Bangkok.

Christelle Célèrier (http://www.gavroche-thailande.com)

Cet article a été publié dans le Gavroche de mars dernier, n° 281, disponible ici

(Photo:Aniko Palanky/Gavroche magazine)

Le petit guide du danseur

Salsa

Lundi : Ambar, Sukhumvit Soi 15

Deutschs Eck, Sukhumvit Soi 20

Mardi : rumPUREE, Sukhumvit Soi 23

Mercredi : Above 11, Sukhumvit Soi 11

La Rueda, Sukhumvit Soi 18 ; Revolucion

Cocktail, Sathorn Soi 10

Jeudi : Havana Social, Sukhumvit Soi 11 /

La Rueda

Vendredi : Zacks, Suhumvit Soi 11

Samedi : La Rueda

Dimanche : Bistro 33, Sukhumvit Soi 33

Le festival annuel Salsa Bangkok Fiesta, organisé par Apple Busakorn de l'école Rum Puree et d'autres, a lieu tous les ans en novembre depuis 2005.

www.salsabangkok.com

Retrouvez Dr Salsa au « Bistro 33 » le dimanche ou à sa fondation de Ekamai, Asia Africa Fondation

http://asiafricafoundation.org

Danses de Salon

Shangri-La Hotel, le dimanche de 15h à 18h

Le buffet du thé dansant coûte 1100 bahts, et selon les instructeurs, comptez 4000 bahts l’après-midi pour un partenaire expérimenté.

Swing

The Hop Art Studio, Silom Soi 20

Mardi et samedi à partir de 20 h

300 bahts

www.bangkokswing.com

Tango

Ecole de danse rumPUREE, Amaring Plaza, Ploenchit Rd Milongas

Mercredi : Deutsches Ecxs Restaurant, Sukhumvit Soi 20

Vendredi : Dream Hotel, Sukhumvit Soi 15

Samedi : Milonga By Lynn, Rembrandt Hotel, Sukhumvit Soi 18

Contact : tangointhailand@gmail.com

Festival de tango : www.thailandtangofestival.com

Alliance Française : 29 et 30 avril 2018, 20h. Démonstration de tango

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