Les exportations thaïlandaises ont atteint 25,3 milliards de dollars en janvier, affichant une hausse de 13,6 % sur un an. Cette progression, nettement supérieure aux prévisions du marché, est portée par une forte demande américaine (+22 %). Toutefois, cette embellie ne suffit pas à compenser l’augmentation des importations, creusant le déficit commercial à 1,9 milliard de dollars, un niveau supérieur aux anticipations.
Une dépendance croissante aux États-Unis
La croissance des exportations, en accélération par rapport aux 8,7 % enregistrés en décembre, dépasse largement la prévision de 7,6 %. Même hors or, la performance reste robuste (+10,6 %). L’essor des ventes vers les États-Unis a joué un rôle clé, mais cette dépendance pourrait devenir un facteur de vulnérabilité. En effet, un durcissement des politiques commerciales américaines ou un renforcement des tensions avec la Chine risquerait d’affecter la dynamique actuelle.
Des importations en hausse, un risque pour l’équilibre commercial
Malgré une base de comparaison élevée, les importations thaïlandaises ont progressé de 7,9 %, bien au-delà des prévisions (+2,8 %). Cette hausse s’explique notamment par l’augmentation des achats de biens chinois destinés à la consommation intérieure et par le réacheminement de marchandises étrangères. En conséquence, l’impact positif des exportations sur la croissance reste limité.
Un déficit commercial qui se creuse
La balance commerciale thaïlandaise s’affaiblit sous l’effet d’importations dynamiques. En janvier, celles-ci ont atteint 27,2 milliards de dollars, tirées par l’augmentation des achats de biens d’équipement (+17,8 %), de matières premières et biens intermédiaires (+4,2 %), ainsi que de biens de consommation (+9,0 %). Ce déséquilibre porte le déficit commercial au-delà de la moyenne pré-COVID, établie à 1,6 milliard de dollars.
Perspectives incertaines pour 2025
À long terme, plusieurs facteurs fragilisent la balance commerciale thaïlandaise. La forte dépendance aux exportations vers les États-Unis expose le pays aux tensions commerciales, notamment sur les biens d’origine chinoise réexportés via la Thaïlande. Par ailleurs, le déficit structurel de compétitivité limite le développement des exportations à forte valeur ajoutée, tandis que la hausse des prix du pétrole alourdit la facture énergétique, pesant davantage sur les importations.
Si ces tendances se confirment, la Thaïlande pourrait peiner à stabiliser sa balance commerciale en 2025.
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