Un mandat d’arrêt a été émis contre le Dr Paul Chambers, chercheur en sciences sociales et professeur à l’université de Naresuan, dans le nord de la Thaïlande. Il est accusé en vertu de l’article 112 du Code pénal thaïlandais – la loi de lèse-majesté – ainsi que de la loi sur la cybercriminalité. La police thaïlandaise a convoqué l’universitaire vendredi dernier.
L’armée a porté plainte contre Paul Chambers pour des propos tenus lors d’un séminaire en ligne consacré aux relations entre la monarchie et l’institution militaire. Cette affaire constitue un cas rare de poursuites engagées contre un ressortissant étranger au titre de la loi de lèse-majesté, qui protège le roi Maha Vajiralongkorn, sa famille et ses représentants de toute critique, avec des peines pouvant aller jusqu’à 15 ans de prison par chef d’accusation.
Dans une convocation datée de vendredi et consultée par l’AFP, M. Chambers est accusé d’avoir « insulté ou manifesté de l’hostilité envers le roi, la reine, l’héritier du trône ou le régent », ainsi que d’avoir « introduit des données informatiques falsifiées pouvant porter atteinte à la sécurité nationale ».
Contacté par l’AFP, Paul Chambers a confirmé que les accusations faisaient suite à une session de questions-réponses tenue lors du séminaire. « Je crois être le premier non-Thaïlandais depuis des années à faire face à ce type d’accusation », a-t-il déclaré.
Le Réseau d’études sur les droits humains et la paix en Asie du Sud-Est (SEAHRN) a exprimé sa solidarité avec le Dr Paul Chambers, appelant à l’abandon immédiat des poursuites. Dans un communiqué, le réseau rappelle que « le droit d’étudier, de publier et de s’exprimer librement est essentiel dans toute société qui se veut libre, juste et démocratique ».
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